(c) 199PPromenades dans la ville de Blois

par Bruno Guignard

 

Riche d'un passé chargé d'histoire, ancien séjour des rois de France et de la cour au XVIè siècle, Blois est une ville captivante. Si la visite du château s'impose comme une étape majeure de l'art français, il est également très agréable de flâner dans les vieux quartiers, à la découverte de huit siècles de patrimoine. Les quatre itinéraires qui suivent vous y invitent

Autour du château et de Saint-Nicolas

Un périple entre deux monuments majeurs du patrimoine de Blois

Départ du château

place du châteauPlace du château. C'est l'ancienne avant-cour du château, autrefois bordée de maisons des dignitaires de la cour. Sur le côté sud, les jardins offrent une belle vue sur les toits du centre ville, reconstruit après la seconde guerre mondiale. Au bout de la place, la maison de la Magie rappelle le souvenir du grand magicien Robert-Houdin, né à Blois.

Rue de la Voûte du château. Elle marque l'emplacement de la porte principale de la forteresse médiévale. Cette porte était protégée par une tour visible entre la salle des Etats et le pignon de l'aile François 1er

jardin des licesJardin des Lys. Créé en 1992 par Gilles Clément, ce jardin occupe une partie des anciens jardins royaux créés par Louis XII au début du XVIè siècle. La forme des parterres évoque les jardins clos de la Renaissance. De la balustrade, belle vue sur la façade des Loges (1520) et sur la ville. A gauche, église Saint-Vincent (XVIIè) et pavillon d'Anne de Bretagne (v 1500), ancien belvédère des jardins royaux.

Rampe des fossés du château. De la place des Lices vue étendue sur la vallée de la Loire et sur l'église Saint-Nicolas. La rampe des fossés permet d'admirer la façade extérieure de l'aile Gaston d'Orléans (1635-38) oeuvre de François Mansart.

Eglise Saint Nicolas.. Ancienne abbatiale bénédictine, elle a été édifiée entre 1138 et 1186 pour les parties du choeur et du transept. La nef et les tours datent du début du XIIIè siècle. A l'intérieur, les proportions de la nef sont inspirées de la cathédrale de Chartres. Le transept et le choeur permettent de suivre l'évolution du premier art gothique.

Quai de l'Abbé Grégoire.. Belle vue sur les anciens bâtiments monastiques de l'abbaye, reconstruits aux XVIIè et XVIIIè siècles. Ils abritent aujourd'hui la Direction de l'Equipement de Loir-et-Cher.

Rue Robert-Houdin. Sur la droite, ruines de l'ancienne graineterie de Marmoutier (XIIIè et XIVè siècles) puis ancien couvent des Jacobins (XIIIè siècle). Dans la partie haute de la rue, plusieurs maisons à pan de bois évoquent le passé le plus ancien de la ville.

Rue Saint Lubin. Elle garde de nombreuses maisons de la fin du XVè et du début du XVIè siècle, en bois ou en pierre, aux n° 44, 43, 42, 41, 40, 38, 36. Les boutiques d'antiquaires et de libraires et les nombreux restaurants ajoutent encore au charme de cette rue.

Degrés du château. A mi-hauteur des escaliers, vestiges de la poterne des Jacobins, ancienne porte fortifiée du château (XIIIè siècle).

Les quartiers du centre

Un circuit dans les quartiers commerçants et animés du centre ville

Départ de l'ancien Office du Tourisme

L'office du Tourisme etait logé dans le pavillon Anne de Bretagne, construit au début du XVIè siècle pour servir de belvédère aux jardins royaux. Les initiales de Louis XII et d'Anne de Bretagne se lisent sur la balustrade.

jardin augustin thierrySquare Augustin-Thierry. Aménagé en 1850, il offre une vue rapprochée sur la façade des Loges du château. L'église Saint-Vincent est l'ancienne chapelle du collège des Jésuites, édifiée entre 1625 et 1678. A l'intérieur, retable sculpté de Gaspard Imbert (1670).

Rue Chemonton

Au n° 8, maison contemporaine du règne de Louis XII (début XVIè),ornée de culs de lampe sculptés. Au coin de la rue du Lion Ferré : hôtel de la Chancellerie au toit en forme de bateau renversé. Au n° 18, hôtel dit de Guise, construit sous François 1er pour Nicolas Simonnot, "maître de la chambre aux deniers" de Claude de France

maison rue beauvoirRue Beauvoir. Elle garde plusieurs maisons anciennes à pan de bois ou en pierre. Au n° 31, porte du XVIè siècle à décor de paons et de cassolettes enflammées. Du haut de l'escalier Denis Papin, vue étendue sur la ville, le château et la vallée de la Loire. La statue de Denis Papin, oeuvre d'Aimé Millet (1880), rappelle le souvenir du grand physicien né à Blois.

Rue Saint Honoré. Au n° 8, l'hôtel d'Alluye est l'une des plus vastes demeures de Blois. Construite en 1508 pour Florimond Robertet, trésorier de France, elle présente une façade et une cour du plus haut intérêt.

La rue Porte Chartraine, aujourd'hui piétonnière, est l'ancienne grand'rue de la ville. Elle reste encore l'un des principaux axes commerçants.

Rue Denis Papin. Au n° 72, la fontaine Saint-Jacques est une des huit fontaines publiques installées au début du XVIè siècle. Du 56 au 48, bel ensemble de maisons anciennes, cerrtaines ayant gardé l'arcade de leur boutique. Le 50 est orné de la salamandre, emblème de François 1er.

Rue Pardessus Au n° 10 et 8 maisons jumelles à pan de bois début XVIè. Les sablières sont ornées de têtes de monstres. Au n°1, hôtel Viart : beau portail Renaissance à pilastres et fronton. A l'intérieur, le vestibule est voûté d'ogives

La rue Rebrousse Pénil est la plus étroite de Blois. Son existence est attestée depuis le XIVè siècle

Rue des Trois Clés, plusieurs maisons à pan de bois évoquent le riche passé commerçant de Blois durant la période royale. La rue du Commerce, axe principal du négoce blésois garde quelques façades intéressantes du XVIIIè siècle (78) ou du XIXè siècle (41, 67, 75, 77). Retour à l'office du Tourisme par la rue Porte Coté, création de la fin du XIXè siècle. Remarquer les mascarons sculptés du N° 2.

La ville haute et le quartier cathédrale

Une promenade à flanc de coteau, dans le quartier le plus évocateur de la vie de cour au XVIè siècle

Départ de la halle aux Grains

Le mail Clouseau est l'ancien fossé de la ville. On y remarque une tour de l'ancienne enceinte. La cathédrale Saint-Louis a un passé tourmenté. Sur une crypte carolingienne (ouverte en saison), une église a été rebâtie à diverses reprises au XII, XVIè et XVIIè siècle. L'essentiel date de la reconstruction des années 1680 et témoigne de la persistance du style gothique en pleine période classique. Le clocher est une oeuvre intéressante du milieu du XVIè siècle. A l'intérieur, les vitraux contemporains sont l'oeuvre de l'artiste hollandais Jan Dibbets.

Usu vetera nova

usu vetera novaRue Pierre de Blois. C'est une succession de maisons anciennes. Les plus intéressantes sont au n° 13 l'hôtel de Villebresme (fin XVè) avec une curieuse galerie au dessus de la rue, n° 6 porte Renaissance à décor de rosaces, n°3, hôtel de Morvilliers avec tour d'escalier XVIè siècle, n° 1 porte Renaissance avec inscription "USU VETERA NOVA" (à l'usage, le neuf devient vieux).

Rue des Juifs. Elle marque l'ancien ghetto de la ville médiévale. Au n°3 hôtel de Condé (vers 1540) remarquer la galerie dans la cour et l'escalier à vis torsadée.

Au carrefour avec la place Ave Maria, belle vue sur la cathédrale au travers des vieux toits

Rue Fontaine des Elus N°11 : hôtel de Jassaud (début XVIè siècle) Remarquer le bas relief au dessus de la porte représentant deux bergers agenouillés. Au coin de la rue Vauvert, la fontaine des Elus date de 1517.

Rue Vauvert; Un petit jardin des simples a été aménagé dans le jardin de l'hôtel de Jassaud. qui communique avec les jardins de plusieurs autres hôtels anciens dont on voit les façades arrière. Par la rue du Grenier à sel (belle vue sur la cathédrale) on gagne la rue du Puits-Châtel, très évocatrice de la vie au XVIè siècle.

rue du puits chatelRue du Puits Châtel N° 7 hôtel Sardini (vers 1510) Au dessus de la porte, le porc-épic, emblème de Louis XII. C'est le seul à avoir échappé aux destructions révolutionnaires à Blois. Admirer aussi le pilier de la galerie. N° 5 : hôtel dit de Vareilles. Contemporain du précédent, il possède trois étages de galeries superposées et un puits logé dans l'embrasure d'une fenêtre. N° 3 : bel escalier en colombage à quatre étages de galeries.

Rue des Papegaults. son nom évoque les perroquets en bois qui servaient de cible aux archers de la ville. Bel ensemble de maisons Renaissance notamment aux numéros 4 (porte à pilastres), 5, 7, 8 (fenêtres Renaissance) 10 (hôtel Belot : cour, puits et porte d'entrée) et 14 (fenêtres à pilastres). Le pourtour Saint Louis ramène à la place à la cathédrale. Au passage, belle vue sur les Grands degrés Saint Louis, caractéristiques de la voirie blésoise.

jardin évêchéJardins de l'Evêché. Longer la cathédrale Saint Louis. La cour de l'Hôtel de Ville est celle de l'ancien palais des évêques de Blois, construit en 1700 par Jacques V Gabriel. Les jardins en terrasse dominent la vallée de la Loire et offrent une vue étendue sur l'ensemble de la ville. La terrasse basse a été aménagée en roseraie contenant plusieurs centaines de variétés rares.

La rue du Haut Bourg et le boulevard Eugène Riffault ramènent à la place Jean Jaurès. Anciens châteaux d'eau de la ville (1852) Université (1991) et Bibliothèque (1995) bordent la place fermée à l'ouest par la halle aux grains (1850) aujourd'hui scène nationale.

Le quartier de Blois-Vienne

Sur la rive gauche de la Loire, le faubourg de Vienne est un ancien quartier de mariniers qui a gardé une atmosphère très attachante.

Eglise Saint-Saturnin

C'est l'ancienne église paroissiale du quartier. Sa reconstruction , ordonnée par Anne de Bretagne au début du XVIè siècle s'est poursuivie jusque vers 1650 et n'a jamais été terminée. Le portail ouest de style flamboyant, la tourelle d'escalier et la chapelle des mariniers sur le côté sud sont les parties les plus intéressantes. A l'intérieur, nombreux ex-voto rappelant le pèlerinage à la Vierge dans cette église.

Cloître Saint-Saturnin

Face au portail ouest de l'église, ce monument est en réalité un ancien cimetière monumental, l'un des rares à avoir subsisté en France. Construit de 1516 à 1520, il a gardé de nombreux chapiteaux de la Renaissance dans la galerie sud. Il abrite aujourd'hui les collections lapidaires de la ville, fragments provenant d'édifices disparus.

Rue du Poinçon Renversé. A l'angle avec la rue Munier, ex-voto peint dédié à Notre-Dame des Aydes, patronne de la ville de Blois. La rue présente encore plusieurs maisons basses typiques de cet ancien faubourg de bateliers.

Quai Villebois-Mareuil. La promenade le long du quai permet d'embrasser l'ensemble de la ville de Blois avec tous ses monuments, de l'ancienne chocolaterie Poulain à gauche jusqu'à la basilique de la Trinité (1936) à l'extrême droite, en passant par le château, l'église Saint Nicolas, la cathédrale, l'hôtel de ville et les jardins de l'évêché. C'est une vue caractéristique des villes des bords de Loire.

Rue de la Chaîne. C'était autrefois la route des postes de Paris à Tours. Elle était bordée d'auberges et d'hôtelleries dont il reste encore des vestiges sur le côté gauche. Face à la rue de Boulogne, le petit passage donnait accès directement à la Loire avant la construction du quai.

Quai Amédée-Constant. Le panorama sur la ville, est surtout agréable au soleil levant. Belle vue sur le pont, oeuvre de Jacques V Gabriel (1717-1724), le dernier pont en dos d'âne construit sur la Loire.

 

Blois, ville d'art et d'histoire appartient au réseau national des Villes et Pays d'Art et d'Histoire. Pour vous permettre de mieux comprendre et découvrir le patrimoine monumental et l'histoire de la ville, des visites conférences, menées par des conférenciers agréés par le ministère de la Culture, sont organisées le 2è et 4è dimanche de chaque mois sauf en juillet et août.