Le haras national de Blois
par
Bruno Guignard
| Le haras national
de Blois est une création de Napoléon 1er. Modifiant l'organisation
des haras qui remontait à Colbert, le décret de Saint-Cloud en 1806
désigne Blois pour accueillir l'un des cinq dépôts d'étalons de l'arrondissement
du Centre qui avait auparavant Pompadour pour haras. Les choses vont
quelque peu tarder à se mettre en place. Il faudra attendre l'année
1810 pour que l'on procède aux aménagements nécéssaires dans l'ancien
couvent des Carmélites, entre la rue du Sermon et la rue des Carmélites,
au faubourg du Foix (actuel emplacement de la Gendarmerie). Ce dépot,
comprenant une vingtaine d'étalons, devait à l'origine pourvoir aux
besoins de trois départements ; le Loir-et-Cher, l'Indre et l'Indre
et Loire. Puis son effectif vint à doubler assez rapidement. En 1832,
la suppression des dépots de Corbigny (Nièvre) et Auxerre (Yonne) apportèrent
au haras de Blois deux départements supplémentaires, le Cher et le Loiret.
Quant au département de l'Eure-et-Loir, il fut définitivement rattaché
à cette circonscription en 1852.
Vers 1855, les bâtiments du couvent des carmélites sont aménagés par Jules de la Morandière, grâce au concours de l'Etat et du Conseil Général. Un grand corps de bâtiment est construit le long de la rue des Carmélites. Son style en brique et pierre annonce déjà ce que sera le bâtiment du futur grand haras de Blois. Des portions du cloitre ancien sont conservées de part et d'autre du portail d'entrée sur la rue du Sermon. Mais ce site est trop petit et en 1875, la municipalité cherche un autre terrain. L'enclos des Lices, proche du château est tout d'abord choisi et des travaux y sont même entrepris en 1876. Mais ces travaux sont brutalement interrompus à la suite d'une violente polémique entre la ville et l'Etat, la ville voulant se réserver l'usage du terrain pour y bâtir un nouveau quartier industriel et commerçant. Finalement la ville achète en 1877 un vaste terrain de 2 hectares et demi sur l'avenue de Paris (avenue Maunoury), qu'elle cède à l'Etat en 1878. C'est à nouveau Jules de la Morandière qui dessine les plans du nouvel établissement. Encadrant une cour d'honneur ouvrant sur l'avenue de Paris par une grille encadrée de deux pavillons, les trois écuries adoptent le style pittoresque qui prévaut à l'époque pour les constructions de ce genre. Mêlant la brique et le tuffeau pour les encadrements des baies, le bois apparent pour les fermes des pignons, la tuile pour les épis de faîtage, les bossages rustiques pour les piliers de la grille, ce style renvoie à la tradition des fermes ornées du début du XIXème siècle, voire à l'architecture pittoresque néo rustique des hameaux du XVIIIème siècle, adoptée par beaucoup d'architectes pour les haras des années 1870-1890. Mais la polychromie brique et pierre renvoie également à la tradition blésoise des constructions mixte et intègre bien le haras aux autres grands équipements de la ville tels que la halle aux grains également due à Jules de la Morandière. Les logements du Directeur et du Sous directeur renvoient au style néo Renaissance du milieu du siècle (fenêtres à meneaux, frontons, baies géminées) et sont à cet égard, un peu rétrogrades dans les années 1880. On remarque sur l'avant-corps central, ainsi que sur les pavillons d'entrée, les médaillons de têtes de chevaux encadrés de guirlandes de terre cuite qui renvoient à la tradition des médaillons architecturaux de la Renaissance et que l'on voit encore dans l'ancien haras de la rue du Sermon. Achevés vers 1880, les bâtiments sont parfaitement fonctionnels et obéissent à une rigoureuse symétrie que l'on retrouve dans d'autres établissements de la même époque. La grande écurie des chevaux de trait occupe le bâtiment principal en fond de cour tandis que les deux écuries des chevaux de selle, dont une écurie pour les purs sangs, occuppent les deux bâtiments latéraux. Une sellerie, une forge, des logements pour le vétérinaire, les employés et le concierge complètent ces batiments que le temps n'a pas altérés et qu'ombragent de grands tilleuls et un majestueux platane séculaire. En juillet, août et septembre, le haras de Blois se visite tous les jeudis à 14h30 |