Survol du Château de Blois

par

Bruno Guignard

 

 

 

château de Blois façade Le château de Blois réunit autour d'une même cour, quatre châteaux, quatre époques, quatre sommets de l'architecture française : le gothique du XIIIème siècle, le gothique flamboyant et l'introduction de la Renaissance de la fin du XVème siècle, la Renaissance du XVIème siècle et enfin l'architecture classique du XVIIème.

Les restaurations du XIXème siècle et du XXème siècle complètent l'histoire architecturale du château et permettent une relecture scientifique du bâtiment.

 

 

XIIIème siècle : le château du moyen âge.

entrée salle des états

entree salle des étatsDu château médiéval, construit par les comtes de Blois à partir du Xème siècle, ne subsiste aujourd'hui que la salle seigneuriale, la plus ancienne salle civile gothique de France, plus connue sous le nom de salle des Etats Généraux, ainsi que plusieurs vestiges de l'enceinte (Tour de Châteaurenault) englobés dans les constructions de François Ier. La Tour du Foix et la poterne des Jacobins sont encore visibles du côté de la Loire.

- salle seigneuriale (Salle des Etats Généraux), plus ancienne salle civile gothique de France.

- persistence de tours de l'enceinte du château fort, (certaines ont été réutilisées dans le bâtiment de François Ier).

 

 

1498-1502 : le château de Louis XII.

En 1498, la mort accidentelle, au château d'Amboise, de Charles VIII, permet à son cousin, Louis II d'Orléans, d'accéder au trône de France sous le nom de Louis XII.

Devenu roi, il fait de Blois la résidence royale, siège du pouvoir politique de la France et repense la conception architecturale du château en construisant trois nouvelles ailes.

Le château féodal devient un château de plaisance démuni de tout élément défensif.

Le château de Louis XII résulte des deux courants qui constituent l'identité culturelle française de la fin du XVème siècle :

- le style franco-flamand, développant le vocabulaire gothique flamboyant et les jeux polychromes de la brique et de la pierre;

- le courant italien (suite des campagnes militaires d'Italie et de la fascination des Valois pour la renaissance italienne) se concrétise par une nouvelle distribution des appartements et un nouveau vocabulaire décoratif. ( ex. : la galerie du rez de chaussée, l'alternace de colonnes et de pilliers.)

armoiriesde BloisLa nouvelle présence de l'emblématique royale s'affirme dans toute cette aile :

- le porc-épic

- l'hermine

- les chiffres du roi et de la reine, L et A,

- la statue équestre de Louis XII.

 

 

1515-1524 : le château de François Ier.

François Ier gendre et cousin de Louis XII, entreprend dès 1515, la reconstruction de l'aile nord. Celle-ci témoigne des progrès de l'italianisme dans la décoration architecturale française.

S'inspirent de l'architecture lombarde du début du XVI ème siècle

( elle même inspirée de l'antiquité redécouverte) :

- le rythme des pilastres et des chapiteaux,

- le décor de la corniche,

- le décor sculpté du grand escalier.

Mais la tradition gothique française demeure :

- les hautes toitures,

- les souches de cheminées,

- les lucarnes,

- les fenêtres à meneaux,

- les gargouilles,

- l'escalier en vis hors-oeuvre.

A l'extérieur, la façade des loges témoigne d'une volonté plus moderne ; son dessin s'apparente à celui de Bramante au Vatican et à celui du Palais d'Urbino.

 

 

1635-1638 : le château de Gaston d'Orléans.

Gaston d'Orléans, frère du roi Louis XIII et héritier présomptif du royaume, décide de reconstruire entièrement le château. François Mansart son architecte, dresse un vaste projet classique, entrepris en 1635. Seule l'aile ouest sera commencée.

- selon les règles de l'art classique les façades sont symétriques et la superposition des ordres architecturaux : dorique, ionique et corynthien.

- à l'intérieur la grande coupole baroque voit son commencement d'exécution.

 

 

1845-1870 : les restaurations de Félix Duban

Abandonné par les rois de France, puis transformé en caserne en 1788, le château est redécouvert par les écrivains romantiques. Sa restauration est confiée à l'architecte Félix Duban.

- pignon de la salle des Etats Généraux,

- pignon de la chapelle

- restauration des statues (Louis XII et escalier François Ier)

- re-création des décors intérieurs.

 

 

1990-1994 : le château aujourd'hui

 

vue chateauDégradé par les intempéries et par la pollution athmosphérique, les restaurations du XIXème siècle ont été reprises depuis 1990.

- achèvement de la mise hors d'eau,

- réfection des plombs dorés de la chapelle,

- ravalement des façades,

- rectification du sol de la cour d'après le résultat des fouilles archéologiques,

- réaménagements intérieurs.

 

 

Historique détaillé

Monument complexe et fascinant, le château de Blois dresse sa masse imposante en plein coeur de la ville. Résidence royale de Louis XII et de François 1er au XVIè siècle; séjour de Gaston d'Orléans au XVIIè siècle, chantier modèle des restaurateurs du XIXè siècle, le château garde la trace de ses différents occupants. Autour d'une même cour se côtoient quatre ailes, véritable résumé de l'architecture française du XIIIè au XVIIè siècle. La qualité de l'architecture, le savoureux mélange des styles, des époques et des matériaux, le souvenir de nombreux personnages historiques qui l'ont habité font du château de Blois un monument majeur de l'histoire et de l'art français.

 

 

Le Moyen Age

L'éperon rocheux limité par la Loire au sud et par la vallée de l'Arrou au nord et à l'est, est occupé dès l'époque gallo-romaine par un domaine agricole. L'existence d'une forteresse sur ce site remonte au VIIè siècle, comme l'attestent les fouilles de 1993. Cependant les parties les plus anciennes actuellement visibles ne remontent qu'au XIIIème siècle. Vers 1210, Thibaud V comte de Blois et de Champagne fait reconstruire le château sur l'ensemble de l'éperon. De cette forteresse subsistent des vestiges de l'enceinte et surtout la grande salle, connue depuis le XVIème siècle sous le nom de salle des Etats qui demeure l'une des plus anciennes et des plus vastes des salles féodales de France. Ses dimensions imposantes témoignent de la puissance territoriale et politique des comtes de Blois qui y recevaient l'hommage de leurs vassaux et y rendaient la justice. Restaurée par Félix Duban en 1860, elle a conservé ses dispositions primitives : deux larges nefs lambrissées séparées par une rangée de colonnes à chapiteaux feuillagés.

 

En 1391, la vente du comté de Blois à Louis d'Orléans, frère de Charles VI, fait entrer le château de Blois dans la mouvance royale. Par son mariage avec Valentine Visconti, fille du duc de Milan, Louis d'Orléans obtient des droits sur le Milanais qui déclencheront, un siècle plus tard, les expéditions militaires de son petit fils Louis XII. Durant tout le XVème siècle, les ducs d'Orléans font de Blois leur résidence favorite. Charles d'Orléans, le prince poète, fait prisonnier à Azincourt en 1415, revenu à Blois après 25 ans de captivité à la Tour de Londres, y tient une cour littéraire où se côtoient les plus grands poètes du temps parmi lesquels François Villon.

 

 

LOUIS XII

bâtiment Louis 12Lorsqu'en 1498, à la mort de Charles VIII, le duc Louis II d'Orléans monte sur le trône sous le nom de Louis XII, Blois devient une résidence royale, siège du gouvernement et étape privilégiée de la cour, toujours nomade jusqu'à la fin du XVIème siècle.

C'est une reconstruction quasi totale du bâtiment et de ses abords que Louis XII entreprend dès l'été 1498. Les travaux sont menés activement, puisqu'en décembre 1501, c'est dans le logis neuf que le roi reçoit l'archiduc d'Autriche. Des ces constructions ne subsistent que le logis neuf et le choeur de la chapelle, bordé par une portion de galerie.

Le parti général s'inscrit dans une tradition franco-flamande établie du XVè siècle. La polychromie des matériaux brique, pierre et ardoise, l'importance des toitures par rapport aux façades, la silhouette très découpée du bâtiment, tout cela ne s'éloigne pas des partis en usage à cette époque.

L'ensemble du décor adopte l'esthétique du gothique flamboyant alors en pleine floraison. Les moulures des baies, le profil des parties vives, le dessin des balustrades ne différent pas de ce que l'on trouve dans les édifices contemporains. Les lucarnes s'inspirent de celles d'Amboise : les baies à meneaux sont surmontées d'un grand pignon timbré des armes et chiffres du roi ou de la reine et encadré de pinacles à crochets de feuillage. Répandus sur l'ensemble du bâtiment, les culs de lampe sont d'une grande variété : dragons ailés, singes musiciens, lions et boucs, cerfs et chiens, personnages réels ou imaginaires, fou et bourreau, moine et acrobate, sirène et sauvage relevant d'une fine observation voire de la plus franche gauloiserie, un peu surprenante dans les endroits les plus en vue de la façade d'un palais royal.

A côté de ces éléments traditionnels, l'aile Louis XII introduit plusieurs nouveautés. Tout d'abord dans le plan du logis. Du côté de la place, les pièces se suivent en enfilade mais sont desservies côté cour par une galerie qui leur donne un accès indépendant. Cette distribution permet de moduler le nombre de pièces affectées à un même invité en fonction de son rang et de sa suite. Autre élément de confort, la présence de conduits de latrines à chaque extrémité du logis facilite la vie domestique. Ces dispositions trè modernes se retrouvent à Chambord dans la distribution des appartements du donjon.

 

La composition des façades est un autre élément novateur. La façade sur la place est dissymétrique. Le portail est décentré vers la droite et les baies percées de manière irrégulière, quoique alignées verticalement suivant l'habitude du XVe siècle. Pourtant cette façade est par des dosserets verticaux qui la divisent en six travées à peu près égales. Un grand larmier au niveau du premier étage, une frise et une balustrade au niveau des combles recoupent ces dosserets et introduisent de grandes horizontales qui créent un motif de quadrillage que l'on retrouvera dans toute l'architecture postérieure.

cour du chateauCôté cour, la composition est plus novatrice encore. Le rez-de-chaussée est occupé par un portique à arcades en anse de panier, supportées par des piliers disposition qui rappelle celle des cortile des palais italiens. Malgré l'absence de symétrie, très sensible au rez-de-chaussée, le quadrillage de la façade joint à l'espacement constant des ouvertures, arrive à donner une impression de régularité, inédite dans l'architecture contemporaine.

L'absence d'éléments défensifs, réels ou feints, tels que créneaux, faux mâchicoulis, échauguettes de fantaisie, fossés et douves doit être également portée au rang des éléments novateurs. Ce caractère accueillant de l'architecture s'accorde assez bien avec la politique d'ouverture pratiquée par Louis XII envers ses ennemis. A cet égard, la réception de Maximilien d'Autriche dans le nouveau logis montre le rôle diplomatique que le roi fait jouer à ses constructions.

 

François 1er

 

En 1515, François 1er, successeur et gendre de Louis XII, fait moderniser le corps de logis du nord, qui, par son escalier en vis et sa façade extérieure largement ouverte sur le paysage marque l'avancée de l'italianisme en France et constitue une des plus brillantes manifestations de ce printemps de la Renaissance Française. La façade sur cour, (1515-1519) témoigne des paradoxes de l'architecture de la première Renaissance, hésitant entre tradition et modernité. Si le choix des matériaux, la modénature, le décor sont influencés par l'Italie, la structure ne s'écarte pas des habitudes françaises de bâtir. Comme dans l'aile Louis XII, l'importance est donnée aux hautes toitures d'ardoises, aux cheminées, aux lucarnes, inconnues en Italie. De même, l'esprit du gothique flamboyant survit dans la surcharge décorative, même si le vocabulaire en est renouvelé.

La composition reprend l'effet de quadrillage de l'aile Louis XII. Ici, les horizontales sont données par un double corps de moulures et les verticales par des pilastres. La régularité n'est pas parfaite. Les travées de fenêtres sont tantôt isolées tantôt regroupées par deux, leur largeur n'est pas constante. Certains pilastres sont isolés sur le nu du mur, créant des travées supplémentaires de façon très fantaisiste. En définitive, la composition n'est peut-être pas aussi novatrice qu'à Bury, construit deux ans avant pour Florimond Robertet.

La verticalité très marquée des travées est rompue par la corniche d'inspiration florentine. Le décor de grande qualité est un véritable répertoire des motifs de la Renaissance . coquilles, oves et dards, denticules, modillons et rinceaux. Séparées de la corniche par une balustrade ajourée, les lucarnes traitées comme des édicules indépendants, montrent l'adaptation du décor italien aux éléments architecturaux français.

escalier François 1erL'escalier résume les ambiguïtés de cette façade. Sa position en saillie et au centre de la façade reste dans la tradition française des vis royales. Construit pour magnifier les cortèges de la cour, il est entièrement percé de baies ouvrant sur des balcons. Le décor abondant s'inspire de la Renaissance lombarde : rinceaux, oves, cornes d'abondance, putti se mêlent à la salamandre royale. Dans ce décor novateur, on note la présence anachronique de gargouilles gothiques aux balcons et à la corniche.

Contemporaine de la façade sur cour, la façade extérieure s'ouvrent largement sur les jardins aujourd'hui disparus. L'influence des travaux de Bramante au Vatican est nette dans la composition à deux étages de loggias surmontés d'une galerie ouverte même si des libertés ont été prises par rapport au modèle. Le décor sculpté est entièrement inspiré par le répertoire italien que ce soit dans le décor des chapiteaux ou dans celui des pilastres ornés de motifs de candélabre sans cesse renouvelés. L'emblématique royale est complétée par la représentation des travaux d'Hercule, qui illustrent l'identification du roi à la force d'Hercule et à l'héroïsme chevaleresque qui fait du roi le nouvel Hercule gaulois.

L'aspect actuel des appartements n'est plus celui du XVIe siècle. La distribution a été entièrement modifiée par les occupations successives et par les restaurations et restitutions de Félix Duban entre 1845 et 1847. Cependant, sous les somptueuses créations du XIXè siècle subsistent quelques éléments. Le plus interessant est la petite pièce lambrissée, connue sous le nom de cabinet de Catherine de Médicis. Daté des années 1520 c'est le seul cabinet royal de cette époque qui subsiste en France. Les parois sont entièrement couvertes de boiseries sculptées de 237 panneaux ornés de motifs de candélabres tous différents, dissimulant quatre placards secrets dont l'ouverture se fait au moyen d'une pédale cachée derrière la plinthe.

 

 

L'âge classique

Au XVIIème siècle le château sert de lieu d'exil pour de grands personnages. Marie de Médicis, mère de Louis XIII, exilée de 1617 à 1619, s'évade du château dans une fuite rocambolesque qui inspirera à Rubens un des tableaux de la galerie Médicis du Luxembourg, aujourd'hui au Louvre. Mais c'est Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII, qui modifie considérablement l'aspect du château où il est lui aussi exilé. Dans l'espoir de monter sur le trône, il entreprend en 1635, la construction d'un château royal sur les plans de François Mansart. Les travaux sont activement menés jusqu'en 1638, mais la naissance de Louis XIV et surtout la versatilité du prince interrompent le chantier.

Le nouveau corps de logis est conçue par Mansart pour former le motif de "fond de cour" qui manquait au château. Le dessin est destiné à magnifier l'entrée principale de l'aile. La symétrie rigoureuse, les emmarchements successifs de la terrasse puis du perron, le mouvement convergeant des colonnades amènent le regard vers la travée centrale et vers le buste de Gaston qui constitue la conclusion inattendue de cette composition pyramidante. L'emploi des trois ordres classiques de l'architecture, admirablement compris et recomposés par Mansart, la sculpture discrète des dessus de fenêtre renforcent l'impression de grandeur et de sobriété de cette façade.

Cette impression se retrouve sur la façade extérieure. Destinée à former la toile de fond des vastes jardins prévus au delà du fossé, elle se déploie sur une beaucoup plus grande largeur que la façade sur cour. Toute la beauté de cette façade réside dans le juste équilibre des masses, dans la sobriété du dessin et dans la perfection de son exécution. La qualité des maçonneries et de la taille de pierre, renvoient à cet age d'or de la stéréotomie que fut le XVIIe siècle.

A l'intérieur, cette sobriété fait place à une extravagante cage d'escalier dans laquelle Mansart a déployé toutes les ressources de son art. Pour augmenter l'impression de hauteur, la coupole terminale apparaît au travers d'une voûte à ouverture centrale placée à mi hauteur. La succession des plans lumineux, renforce encore, comme au théâtre, l'illusion de la perspective. Le décor sculpté, réalisé sous la direction de Jacques Sarrazin, est dû à Simon Guillain et Michel Anguier.

 

Décadence et restauration

 

A la mort de Gaston en 1660, le château est définitivement abandonné comme séjour royal. Devant son état proche de la ruine, Louis XVI décide son aliénation en 1788. Le monument est transformé en caserne ce qui le sauve de la démolition mais entraîne dégradations et mutilations dont Balzac et Victor Hugo s'indignent avec virulence.

C'est sur l'intervention de Mérimée que le château est classé Monument Historique en 1840. En 1845, le service des Monuments Historiques confie sa restauration à Félix Duban. Dans ce premier grand chantier de restauration de monument historique en France, Duban fait preuve d'un grand respect archéologique et en même temps d'une grande fantaisie créatrice, deux démarches contradictoires, caractéristiques des restaurations du XIXème siècle. S'appuyant sur la documentation ancienne, Duban fait précéder son travail de toute une série de relevés dessinés et photographiés et de moulages qui donnent un état très précis du monument avant toute intervention. On peut ainsi faire la part de la restauration et celle de la restitution. Au compte de Duban doivent donc être rendus le pignon de la salle des Etats (1861), la façade de la chapelle (1867) et les décors intérieurs qui influenceront durablement les arts décoratifs européens de la seconde moitié du siècle. Propriété de la ville de Blois (et non de l'Etat, contrairement aux autres anciens châteaux royaux ou impériaux), le château abrite depuis 1850 le musée des Beaux Arts de la ville et de 1888 à 1996 la bibliothèque municipale. Depuis Duban les restaurations se sont poursuivies, visant à restituer ou à restaurer les etats antérieurs. Ainsi en 1888, Anatole de Baudot reprend les restaurations de Duban, supprime certaines de ses adjonctions et termine la tour de Chateaurenault. En 1933, Goubert construit en pierre l'escalier qui n'avait jamais été fait dans l'aile Mansart. Enfin en 1957, de nouveaux vitraux dus à Max Ingrand viennent remplacer dans la chapelle les verrières de Lavergne, détruites en 1944. Depuis 1990, une nouvelle campagne de travaux achevée en 1997, a permis de retrouver l'éclat des façades, rehaussées par la polychromie restaurée de Duban.